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MATERIEL AGRICOLE OCCASION

MATERIEL AGRICOLE 

Le machinisme agricole, en tant que doctrine, a pu se développer avec l'invention de la machine à vapeur et la disponibilité du charbon, puis du moteur à combustion interne

Il a été dopé par les inventions mécaniques faites pour la Première Guerre mondiale Les fabricants de matériel militaire (chars d'assaut et véhicules du Génie en particulier) se sont reconvertis après guerre dans le domaine du machinisme agricole et forestier, pendant que les fabricants de poudre et explosifs se convertissaient à la fabrication massive d'engrais à base de nitrates et que certains fabricants d'armes chimiques se reconvertissaient dans l'industrie naissante des biocides agricoles (insecticides notamment).

Le machinisme, après l'armistice de 1918, a alors pu être présenté comme une solution idéale et nécessaire pour répondre au « manque de bras » de l'après-guerre et aux besoins urgents de reconstruction du pays.

À titre d'exemple, la revue Vie à la campagne, lue par les grands propriétaires ruraux français titrait en mars 1929 (peu avant la crise de 29 dans la rubrique Génie rural : « Vers le machinisme total indispensable » avec le sous-titre : « De formidables progrès techniques sont révélés à un moment où le monde rural, pressé de s'équiper, ne peut le faire à son gré, alors que dans l'intérêt et par l'effort de tous, il importe d'accroître la capacité d'absorption du marché[ »

On sent aussi dans la littérature de cette époque les prémisses d'une mécanisation de la sylviculture,alors que les vastes plantations homogènes, de plants sélectionnés, en parfaits alignements équiennes et monospécifiques, taylorisées, sur coupes rases ou sols dégradés. La forêt s'inspire de l'agriculture avec l'apparition du tracteur, du bulldozer, des engins lourds (à chenilles parfois), et du moteur. (drainage, engrais, planification rigoureuse), eux-mêmes directement issus des chars développés pour la guerre. C'est l'époque où en France, les premières machines à planter les arbres en ligne sont utilisées pour les forêts de guerre. 60 ans plus tard, le CEMAGREF (Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts), comme son nom l'indique, intégrera et développera ces thèmes lors de sa création en 1981 (à partir des équipes techniques constituées par l’État, dans les années 1960-1970 au moment du plein développement de la plantation de forêts financée par le fonds forestier national). Il devient ensuite (en 1986) établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) mais en restant sous tutelle du ministre chargé de l'Agriculture. Cette double approche, agricole et sylvicole de la mécanisation a contribué à la modernisation de ces activités et à un énorme accroissement des rendements apparents, concomitant à la disparition de ses emplois pénibles et de faible valeur, abandonnés par la main-d'œuvre (exode rural).

L'accroissement considérable de la productivité par travailleur a de profondes conséquences sur l'organisation des exploitations agricoles et leurs relations. La main-d'œuvre d'appoint saisonnier (lors de la moisson par exemple) est réduite, et même disparaît totalement dans bien des cas ; la taille économiquement optimale de la ferme augmente sans cesse avec le progrès mécanique, conduisant à un accroissement régulier de la taille moyenne et donc à une réduction équivalente du nombre d'exploitations, ainsi qu'un remodelage du paysage suivant l'accroissement de la taille des parcelles cultivées. Le besoin de capital est croissant, directement pour suivre le progrès technique du matériel, parfois acheté à plusieurs (comme dans les coopératives d'utilisation du matériel agricole, CUMA, en France) ; et indirectement, pour financer l'augmentation de la taille de l'exploitation. La population agricole se réduit, avec toutes les conséquences sociales (poids démographique et politique, vie festive et sociale, etc.).

Il existe un courant minoritaire (en tout cas dans le monde agricole) qui insiste surtout sur les mauvais côtés dans cette évolution, la réalité décrite restant essentiellement la même mais le vocabulaire employé étant connoté négativement :

  • le gain de productivité devient pertes d'emplois et chômage (voir luddisme et partag du travail) et course à l'agrandissement des exploitations ;
  • l'exode rural est traduit en destruction de la structure sociale des communautés rurales et de la petite paysannerie ;
  • le besoin de financement des investissements devient (sur-)endettement ;
  • l'artificialisation croissante du système et ses annexes (remembrement etc.) devient une atteinte à la nature, à l'environnement ;
  • etc., cette critique du machinisme s'inscrivant généralement dans un mouvement plus global de remise en cause de l'agriculture intensive

Pour remédier à ce que les tenants de cette conception considèrent comme des « problèmes », des agriculteurs mettent en œuvre d'autres pratiques culturales : agriculture sans labours volonté de se réapproprier les outils agricoles en promouvant la traction animale (Jean Nolle), promotion de structures agraires alternatives à l'intensification de l'agriculture (comme par exemple les AMAP,sachant qu'elles se consacrent aux activités moins mécanisables), etc.

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